“Sens commun”, le trait d’union entre la Manif pour tous et l’UMP

Ecrit par Sens Commun sur . Publié dans Dans la presse

 

Joli coup pour l’UMP : des opposants au mariage pour tous, réunis en association, s’apprêtent à venir grossir ses rangs.

Nicolas Sarkozy les a reçus la semaine dernière et ils n’en sont pas peu fiers. Pour cette poignée de jeunes opposants au mariage pour tous, jusque-là non encartés, qui s’apprêtent à intégrer l’UMP, “c’est un message intéressant”. A quelques jours du lancement officiel de l’association “Sens commun”, présidée par l’ex-coordinateur Grand Ouest de la Manif pour tous, Sébastien Pilard, 34 ans, des notes signées par ses membres sont déjà sur le bureau de Jean-François Copé. Le site du mouvement vient d’être lancé.

Arnaud Bouthéon, proche de Frigide Barjot, la cofondatrice des Veilleurs Madeleine de Jessey, Marie-Fatima Hutin, l’une des “Mariannes” de la Manif pour tous, et Faraj Camurat, “profil le plus politique” de la bande – le seul à déjà avoir sa carte à l’UMP – constituent le noyau dur de “Sens commun”, qui compte en tout une dizaine de personnes aux manettes. Le petit groupe entend bien mettre à profit les réseaux tissés ces derniers mois par la Manif pour tous sur l’ensemble du territoire pour développer son influence.

“Copé n’a pas la manif honteuse”

Partisans d’une réécriture de la loi Taubira, ils n’entendent pourtant pas limiter leur champ d’action à ce thème : “On est de droite, mais certaines de nos propositions pourraient surprendre”, prédit Sébastien Pilard. Pour les diffuser, des réunions publiques, où pourraient se montrer des ténors de l’UMP dont le président du parti, seront organisées.

Voilà quelques mois que le dialogue a été noué entre ces militants et les parlementaires UMP qui étaient en tête de cortège lors des manifestations contre le mariage homo : Hervé Mariton, Laurent Wauquiez, Jean-Frédéric Poisson…Un rendez-vous avec François Fillon est aussi prévu. Jean-François Copé les a accueillis à bras ouverts : “Il n’a pas la manif honteuse”, dit l’un de ses proches. Bien au contraire. La démarche est une aubaine pour le parti et son président, qui avait appelé, fin mai, les manifestants à “transformer leur engagement social en engagement politique”. D’autant que l’on a souvent décrit un mouvement qui s’est construit en marge des partis. “Ça a mis six mois, mais l’appel a marché”, se félicite-t-on dans son entourage.

Peser en vue de 2017

Les deux parties démentent tout échange financier. La jeune association peut, en revanche, compter sur les compétences de l’UMP en matière de communication. Et pas seulement : certains membres de “Sens commun” devraient figurer sur les listes du parti pour les municipales : “Les intéressés ont vocation à se présenter”, admet Sébastien Pilard. Des discussions sont en cours, à Nantes dans son cas, à Paris pour d’autres. Les nouvelles recrues se donnent jusqu’à la présidentielle pour peser dans le débat interne : “On n’est pas naïfs, l’UMP a intérêt à nous intégrer”.

D’autant que la Manif pour tous n’a eu de cesse de se targuer, depuis ses origines, de son “indépendance” vis-à-vis des partis. “Nous ne nous laisserons jamais récupérer, jamais !” lançait encore Ludovine de la Rochère aux universités d’été du mouvement, mi-septembre. Les relations entre la Manif pour tous et le principal parti d’opposition s’avèrent pourtant bien ambiguës. Plusieurs réunions logistiques, organisées à la veille des grands défilés, se sont déroulées au siège même de l’UMP. Tandis que les dizaines de bus affrétés pour permettre aux manifestants de se joindre aux cortèges parisiens l’ont été par les fédérations du parti. Avec “Sens commun”, le lien n’en devient que plus clair.