Réaction de Sens Commun à la démission du Chef d’état-major des armées

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La récente démission du chef d’état-major des armées et la crise ouverte qui l’a précédée sont révélatrices à la fois d’une profonde incohérence et d’une inquiétante dérive autoritaire.

Si les Français ont apprécié à juste titre le symbole de la visite d’Emmanuel Macron aux soldats en opération ou à leurs confrères blessés, ils constatent aujourd’hui que le chef de l’Etat ne consent en réalité aucun effort pour que notre outil de défense soit à la fois efficace et pérenne. Plutôt que de visiter les blessés ou de se faire hélitreuiller à bord d’un sous-marin nucléaire, le rôle du chef des armées est de s’assurer que nos soldats ont les moyens de remplir leur mission efficacement. L’écran de fumée du marketing politique et autres mises en scène peine à masquer un renoncement politique sans précédent : c’est l’équipement vital de nos forces armées qui a été sacrifié sur l’autel des sacro-saints 3% de déficit budgétaire. Les Français s’en souviendront lorsque des soldats le paieront au prix de leur vie.

Par ailleurs, il est tout aussi incohérent et malhonnête intellectuellement de demander au ministère des Armées de financer seul les opérations qu’on lui ordonne de mener. Jusqu’à présent, en effet, c’est la solidarité interministérielle qui était mise à contribution pour financer les opérations extérieures de notre armée. Or, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, Emmanuel Macron a abrogé sans concertation le principe de solidarité nationale face aux menaces. Concrètement, le Président de la République refuse de financer un outil qu’il entend pourtant employer aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national.

Enfin, en humiliant publiquement un homme d’une grande valeur devant ses subordonnés à l’hôtel de Brienne et en refusant tout débat contradictoire dans des institutions dont c’est pourtant la raison d’être, Emmanuel Macron a confondu autorité et autoritarisme. De la même manière, en désignant une commission de l’Assemblée nationale comme une « place publique » sur laquelle la vérité d’un désaccord ne devrait pas être étalée, il exprime tout son mépris pour les institutions et les élus du peuple. 

La France est en guerre. Par ses reniements et ses dérives personnelles, Emmanuel Macron a choisi de fragiliser les capacités opérationnelles de nos forces armées et de priver notre pays d’un grand serviteur de l’Etat, auquel nous exprimons ici nos respects et notre sincère gratitude.