Gagner la guerre contre Daesh

Ecrit par Sens Commun sur . Publié dans Accueil, Actualités, Dans la presse

madeleine_bazin_de_jessey_vpa« Il est grand temps de nous réconcilier avec notre histoire et de nous réapproprier nos racines ».

Le 13 novembre au soir, le visage sombre et la voix tremblante, François Hollande déclarait ce qu’il allait par la suite répéter avec plus d’aplomb : la France est en guerre. S’ensuivaient des actions immédiates et spectaculaires qui auront permis au gouvernement de tirer momentanément profit d’un événement survenu en grande partie à cause de sa propre incurie.

La vérité, c’est que nous avons perdu près d’un an. Car il y a un an, après l’attaque contre Charlie et l’Hyper Cacher, tous ceux qui préconisaient les mesures actuellement prises par le gouvernement se faisaient aussitôt accuser de dérives réactionnaires et fascisantes.

Alors, certes, nous pouvons accorder à nos gouvernants le bénéfice de s’être partiellement réveillés. Mais les mesures mises en œuvres sont hélas loin d’être suffisantes : nos militaires sont épuisés, notre système judiciaire encourage la délinquance et nos forces de l’ordre sont à bout. Par ailleurs, il y a fort à parier que, dans peu de temps, le naturel reviendra au galop : empêtrés dans ses problématiques clientélistes, électorales et idéologiques, le gouvernement n’aura vraisemblablement ni le courage ni la volonté de faire réellement plier l’ennemi.

Les français ne sont d’ailleurs pas dupes : les résultats de dimanche dernier parlent d’eux-mêmes : le fossé entre les élites qui nous gouvernent et la réalité de ce que vivent les français est désormais abyssal, et les Français ont vu dans le drame du 13 novembre le résultat de quarante années de renoncements.

Pour autant, cette impasse apparente n’est pas sans solution. Nous pensons même qu’elle doit nous fournir l’occasion d’un sursaut salutaire.

Il faudra tout d’abord revoir de fond en comble notre politique étrangère : les errements successifs de la France en matière diplomatique, notamment vis-à vis de l’Iran et la Syrie, ont offert le spectacle pitoyable d’un pays désemparé et dépassé par les évènements. Intégrons la perspective d’une alliance militaire avec la Russie ; composons momentanément avec le régime syrien et maintenons notre indépendance à l’égard des Etats-Unis. Seul le Conseil de Sécurité pourra donner l’élan, la légitimité et les objectifs d’une telle opération : il est du rôle de la France de le solliciter.

Militairement, il convient d’agir en Syrie au sein d’une coalition militaire placée sous commandement arabe, tout en asséchant les ressources financières de Daech (capacité de raffinage, trafics de pétrole brut, de drogue, de cigarettes, d’armes, d’œuvres d’art, d’esclaves sexuels) et en contraignant la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite à sortir du jeu trouble qu’ils entretiennent à dessein. Mais surtout, l’opération ne pourra être engagée qu’à la condition d’avoir prévu un plan de gestion de l’après-Daech, en établissant par exemple une zone tampon sous administration de l’ONU entre les zones Chiites et Sunnites.

Nous devons en outre rétablir durablement le contrôle aux frontières nationales : le manque de lucidité induit par une libre-circulation sans aucune espèce de contrôle aux frontières extérieures de l’Europe nous a rendu aveugles et impuissants face à la menace. Notre système judiciaire devra également être repensé en refusant de façon catégorique le laxisme actuel de la politique d’incarcération qui sape quotidiennement le travail des forces de l’ordre. Il sera également indispensable de créer un parquet national exclusivement consacré à la lutte contre le terrorisme.

Sur le plan de la politique intérieure, le pouvoir exécutif doit assumer une politique de sécurité volontariste pour reconquérir zone par zone et cave par cave les territoires perdus, pour partie gangrénés par la radicalisation et la haine de la France. Il est urgent d’accompagner ce travail de sécurisation d’une authentique politique de développement, en restaurant l’autorité de l’Etat, les commerces de proximité non communautaristes et le rôle fondateur que doit jouer l’Éducation.

Enfin, et ce sera peut-être la bataille la plus difficile à mener, il est urgent de réaffirmer ce que nous sommes, ce qui fonde notre spécificité et ce qui a porté notre pays durant des siècles. Il est grand temps de nous réconcilier avec notre histoire et de nous réapproprier nos racines afin de les transmettre à tous ceux qui souhaiteront devenir français, non pas pour les exclure, mais pour les intégrer au sein d’une même communauté de destin et leur permettre de s’y épanouir. Comment s’offrir à l’autre, en effet, si nous ne sommes pas capables de nous accepter tels que nous sommes ? Nous ne parviendrons à faire aimer la France qu’à la condition de l’aimer nous-mêmes.

Voilà sans doute tout ce que n’ont compris les rédacteurs du vade-mecum sur la laïcité récemment publié par l’AMF. Nous y voyons même la plus terrible et la plus flagrante manifestation de ce que nombre de nos responsable politiques s’acharnent à faire depuis trop longtemps : la destruction de notre identité à travers le travail de sape de ses composantes les plus fondamentales. La guerre contre le terrorisme islamique ne sera gagnée qu’à condition que nos dirigeants se repensent en profondeur, en luttant d’abord et avant tout contre le mal qui est en eux.

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