Chapitre 3 : Économie et Ecologie

  1. REMETTRE L’HOMME AU CŒUR DE L’ECONOMIE

Tout pays moderne avance à l’aide de deux moteurs : le premier composé de la liberté et de l’innovation, crée la richesse nationale ; le second composé de la justice et de l’égalité, met une partie de cette richesse nationale au service du bien commun : éducation, protection sociale, sécurité, services publics… Ce second moteur ne fonctionne correctement que si le premier l’alimente en énergie. Or l’État-Providence s’est progressivement transformé en une structure hypertrophiée déconnectée des réalités quotidiennes du pays réel. Ce modèle économique et social, loin d’apporter le bonheur et de faire obstacle à la précarité, n’a réussi qu’à brider le potentiel de la France. Il dilapide ses richesses sans se préoccuper de l’avenir.

A nos yeux, l’économie est d’abord et avant tout au service de la qualité humaine de la vie. Elle doit avoir pour but la croissance de l’homme et le bien commun des Français. Autant d’objectifs que notre modèle économique et social français a perdus de vue.

Ce déclin apparaît au travers de quatre réalités structurelles dont les conséquences se révèlent aujourd’hui tragiques :

  • une dette publique croissante qui atteint désormais 2 105 milliards d’euros, soit 97,6% du PIB.
  • un Etat-Providence qui se finance par des prélèvements obligatoires parmi les plus élevés du monde industrialisé, soit 45,2% du PIB.
  • un déficit récurrent de notre commerce extérieur, lequel se situe à 48,1 milliards d’euros en 2016 après avoir atteint un pic de 58,1 milliards d’euros en 2014.
  • une logique non pas de saine assistance mais d’assistanat, qui promeut l’inactivité et l’irresponsabilité.

 

  • NOS PROPOSITIONS POUR L’ECONOMIE :

I°) Rompre avec les mécanismes de l’appauvrissement continu en créant les conditions économiques propices à la réhabilitation et à la mobilisation des forces de travail ainsi qu’à la création de valeur.

o Réformer la structure de notre modèle de prélèvements obligatoires, afin qu’il repose davantage sur les impôts assis sur la consommation.

o Réduire progressivement le taux de l’impôt sur les sociétés à 25%, un niveau similaire à la moyenne de celui de nos voisins européens.

o Supprimer l’ISF qui est un obstacle majeur à l’investissement des capitaux privés dans l’économie.

o Réformer les droits de succession et de donation responsables de nombreux départs à l’étranger et freins considérables à la fluidité des transmissions d’entreprises.

o Refondre la fiscalité du capital dans le but de faciliter le mouvement d’une épargne française vers l’investissement et renforcer les dispositifs d’incitation à l’investissement direct dans les entreprises.

 

II°) Favoriser par l’éducation et l’innovation une économie qui participe au rayonnement de la France dans le monde.

o Remplacer le principe de précaution tel qu’il est formulé et appliqué par un principe de responsabilité qui nécessite lucidité et transparence à distance de tout débat idéologique.

o Mettre en œuvre une politique d’intelligence économique capable de préserver, de valoriser et de développer nos savoir-faire, nos idées et nos brevets.

o Mettre en œuvre une politique maritime ambitieuse, à la hauteur de l’atout majeur que représente pour la France son domaine maritime, le deuxième plus vaste du monde.

o Développer une économie collaborative performante et équilibrée. Ce nouveau modèle est porteur de croissance mais peut détruire des emplois salariés. Il importe donc d’articuler notre modèle social autour d’une convergence des droits sociaux pour tous les actifs, de clarifier nos règles fiscales pour que ces activités contribuent équitablement aux prélèvements, et de refondre notre code du travail pour le rendre plus compatible avec les nouvelles formes de travail.

o Investir plus largement dans les formations supérieures courtes qui offrent une insertion plus rapide et plus aisée sur le marché du travail.

o Allouer les ressources destinées aux emplois aidés à l’apprentissage et la formation dans le but de créer une insertion professionnelle véritable.

o Favoriser un dialogue entre les entreprises et le système éducatif afin d’identifier les besoins immédiats et ultérieurs et en proposant beaucoup plus tôt des filières « professionnalisantes ».

 

III°) Permettre l’émergence d’une économie performante et solidaire au service de l’homme, acteur responsable évoluant au sein d’une civilisation.

o Mettre un terme aux logiques mécaniques et globales d’aide de l’Etat en valorisant notamment l’échelon local le plus pertinent et en améliorant le fonctionnement du fichier national unique destiné à croiser les données des différentes caisses.

o Toute aide doit être compensée par une contrepartie concrète. En outre, le revenu du travail ne doit jamais être inférieur au revenu de l’aide apportée.

o Créer une allocation sociale unique autour d’un guichet et d’un dossier unique.

o Revoir les dispositions relatives à la rupture du CDI en se donnant comme objectif à moyen terme d’étendre et de sécuriser les facultés de résiliation du contrat pour motif économique. Entrer dans une logique de protection du salarié plutôt que de l’emploi.

o Supprimer la durée minimale de 24 heures des temps partiels qui constitue une véritable entrave à la liberté d’embaucher et ouvrir la voie à une remise en cause de la durée légale du travail au profit d’une durée par branche, tout en réintroduisant les 39 heures dans la fonction publique.

o Mettre en place, en cas de désaccord, des mécanismes d’arbitrage au niveau des entreprises et non des branches ou des secteurs. Supprimer le monopole syndical de présentation des candidats aux élections professionnelles.

Pour en savoir plus, télécharger le PDF de notre socle programmatique ici.

 

  1. ECOLOGIE ET ENERGIE : PROMOUVOIR UNE CROISSANCE HUMAINE

Libéralisme économique et libertarisme sociétal modèlent tristement notre rapport à la nature : le citoyen européen est traité et se comporte avant tout comme un consommateur exploitant à l’excès les richesses naturelles au détriment des générations futures. À Sens Commun, par souci de préservation de notre « maison commune », nous voulons prendre en compte la finitude des ressources naturelles. Nous concevons l’écologie comme un tout, aussi bien environnemental qu’humain : l’homme est la clé de voûte de la nature et ne peut en être dissocié. Il est absurde d’opposer l’Homme à la Nature en voulant protéger uniquement cette dernière : comment croire que nous saurons préserver la planète si nous ne savons pas nous préserver nous-mêmes ? Réciproquement, on ne peut pas parler de l’homme aujourd’hui sans parler d’écologie, car les devoirs moraux s’appliquant à l’homme sont également valables pour l’ensemble du vivant. Il est donc temps de retisser le lien viscéral qui unit l’homme à la nature, à travers toutes ses composantes.

Face à la société de consommation et de gaspillage, nous voulons proposer une société de pondération et de sobriété. Notre objectif est d’engager notre pays dans un programme écologique durable, qui s’appuie sur le bon sens et la responsabilité de chacun.  

 

  • NOS PROPOSITIONS POUR L’ECOLOGIE :

o Progresser vers une société de modération énergétique : développer une expertise française et européenne dans les énergies renouvelables ; soutenir les énergies localisées et les filières circulaires de production d’énergie (méthanisation, bois, énergie solaire, éolien) ; supprimer le tarif agent dont bénéficient 306 000 salariés et retraités d’EDF et GDF-Suez (les foyers bénéficiant de ce tarif consomment trois fois plus d’électricité que les autres) ; déployer une taxe carbone au niveau européen et redéployer les ressources récoltées vers une baisse de la taxation sur le travail.

o Simplifier la gouvernance de l’urbanisme, de l’énergie et de l’environnement.

o Promouvoir l’offre de l’agro-écologie : circuits courts, produits de saison, taxation des engrais, suppression de la TVA réduite sur les pesticides, interdiction de la culture hors-sol

o Accentuer l’orientation « écologique » de la Politique Agricole Commune (PAC) : encourager les exploitations d’agro-écologie, créer un label environnemental européen intermédiaire moins contraignant que le bio.

o Défendre notre ruralité et nos paysages : durcir les conditions d’autorisation des surfaces commerciales et les taxes de destruction des terres agricoles ; respecter les traditions architecturales locales pour les zones commerciales ; planter des haies pour cacher les installations industrielles et commerciales en zone rurale ; rénover les centres-villes anciens dans les petites villes.

o Promouvoir une publicité respectueuse de l’Homme et des paysages : interdiction des panneaux électroniques d’affichage et des affichages 4 x 5 permanents sur l’ensemble du territoire ; interdiction des publicités dans les boîtes aux lettres et sur les voitures.

o Protéger la biodiversité : favoriser la replantation de forêts et inciter à l’utilisation du bois au service de la construction.

o Maintenir une interdiction des OGM dans les aliments humains et animaliers tout en autorisant une liberté de recherche.

Pour en savoir plus, télécharger le PDF de notre socle programmatique ici.