11 janvier- 11 novembre : qu’avons-nous à défendre ?

Ecrit par Sens Commun sur . Publié dans Accueil, Analyses, Décryptages

soldat-inconnu11 janvier – 11 novembre : il y a 10 mois, la France endeuillée manifestait dans les rues son rejet du fondamentalisme islamiste après avoir été frappée sur son propre sol. Il y a 100 ans, une Europe réduite à feu et à sang tournait la page de cinq longues années de conflit.

Nous honorons aujourd’hui nos soldats et nos morts, parce qu’ils ont été pour nous jusqu’au sacrifice suprême; parce qu’il y a un siècle, une certaine idée de la patrie méritait qu’on donnât sa vie pour elle. Nous sommes leurs héritiers longtemps endormis, et douloureusement réveillés, le 7 janvier dernier, par une nouvelle entrée en guerre.

En un siècle, le lien charnel qui unissait la France et ses enfants s’est profondément anémié : les notions de patrie, de bien commun et de destin national ont été mises au ban de notre société ; l’honneur, le courage et la fidélité sont autant de vertus qu’on ne transmet plus aux jeunes générations, sous prétexte qu’elles seraient désormais désuètes et surannées. Pourtant, ce sont ces valeurs que bien des citoyens assoiffés d’idéal viennent rechercher en s’engageant dans l’Armée. Et ils sont de plus en plus nombreux à le faire : jouissant d’une confiance renouvelée parmi les Français, nos Armées connaissent un regain d’intérêt illustré par la forte hausse depuis le début de l’année du recrutement chez les jeunes. Comme le rappelait dernièrement le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale : « Nos militaires défendent avec foi les valeurs de notre pays. La liberté, ils combattent pour elle ; l’égalité, ils la vivent sous l’uniforme chaque jour ; la fraternité est leur quotidien. »

En 2015, la guerre a ressurgi sur notre sol alors qu’elle semblait avoir été définitivement écartée. Ces tristes événements auront permis que le budget de nos Armées cesse d’être la variable d’ajustement de nos finances publiques. Si ce changement radical doit être salué, il est nécessaire de rappeler que, pour redéfinir notre stratégie militaire, nous ne pouvons plus faire l’économie d’une question fondamentale : « Qu’a la France de si précieux pour que nous voulions encore la défendre ? »

Il y a 100 ans, nos soldats sont partis en guerre car, sachant ce qu’était la France, ils savaient aussi qu’elle valait la peine d’être défendue. Aujourd’hui, rares sont ceux qui sont prêts à sacrifier leur vie pour elle, car rares sont ceux qui ont appris ses gloires et ses drames, ses trésors et ses héros… L’amour de la France est la première condition à la mise en place d’une vraie politique de défense.

A l’inverse de certains qui ne voient dans notre passé qu’une succession de crimes et d’actes au nom desquels notre histoire devrait être honnie et la gloire de nos morts maudite, nous sommes convaincus que c’est par la réappropriation de notre tradition que nous saurons ressouder une communauté nationale profondément divisée et construire enfin un projet pérenne et décisif pour l’avenir de notre pays.

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